Thursday, May 26, 2011

A qui profite le crime ?

Haïti: « A qui profite le faux »? s'interroge Chantal Volcy Céant, épouse du notaire Jean-Henry Céant - candidat malheureux à la récente présidentielle. Celle qui pose la question n'entend pas admettre la thèse d'erreur matérielle mis en avant par certains parlementaires. « Il y a une volonté manifeste de manipuler certains articles. La diaspora et double nationalité ont été mis en avant pour accomplir cette duperie », a analysé Mme Céant dans une interview accordée au journal.

Ancienne étudiante en droit à l'université Quisqueya, Chantal Volcy Céant préfère s'exprimer en tant que simple citoyenne pour lancer un appel à l'annulation de l'amendement, publié dans Le Moniteur. Ce n'est pas Me Reynold Georges qui dira le contraire, après avoir mesuré la gravité de la fraude. « Un faux ne peut-être une loi », s'exclame l'ancien membre de l'assemblée constituante qui a donné naissance à la Constitution de 1987 ! C'est comme si un pays procède à une saisie de drogue et il met ce produit illicite en vente libre, soutient le juriste. « Le nouveau président de la République Michel Martelly doit constater la nullité de cet amendement d'un tel acte », estime l'avocat tout en demandant des sanctions à l'encontre de tous ceux qui sont mêlés à « ce crime ».

Outré lui aussi par la publication dans le journal officiel de la République, le sénateur Youri Latortue garde encore l'espoir de sauver les amendements constitutionnels adoptés par le Parlement. Le président de l'assemblée nationale, estime le chef de file du parti Ayiti An Aksyon (AAA), doit prendre les mesures nécessaires pour apporter les correctif afin de sauver l'amendement. « Si ce sont des erreurs matérielles, on peut les corriger. Si c'est autre chose, ce sera très difficile de trouver une solution », avance plutôt prudent le sénateur Latortue.

« Minutes disparues » ?

En attendant d'élucider les choses, le député Jean-Tholbert Alexis a révélé, mardi, « la disparition du document qui contient les minutes de l'amendement au Palais législatif. « C'est grave et bizarre, la disparition des minutes de la séance d'amendement. D'autant que le texte publié dans Le Moniteur est un faux », a réagi le représentant de Croix-des-Bouquets/Thomazeau à la 49e législature. La justice, dit-il a son mot à dire et nous n'allons pas rester les bras croisés en tant que parlementaires. « Ces pratiques doivent cesser », a martelé le député Alexis.

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