Saturday, February 4, 2012

Lettre ouverte du Président du Sénat au Président de la République

Lettre ouverte du Président du Sénat au Président de la République

 
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Port -au-Prince, le 2 février 2012, 
Lettre ouverte au Président de la République son Excellence Monsieur Joseph Michel Martelly 
Monsieur le Président,  
J’ai l’honneur, en ma qualité de président du Sénat de la République, de souligner à votre haute attention que votre ascension à la présidence d’Haïti exprime un choix, porteur d’espoir mais pétri d’exigences. 
Vous êtes tenus, à l’égal du simple citoyen, au respect des civilités courantes, telles la politesse, la courtoisie, la tolérance qui balisent la proximité et la convivialité humaines.  
Vous êtes tenus, au même titre que vos pairs des grands pouvoirs de l’Etat, au respect de l’éthique républicaine. 
Monsieur le président, votre comportement, à la tête de la magistrature suprême  de l’Etat, a agressé la morale moyenne et consterné un grand nombre de citoyens.  Vos propos grivois, vos gestes déplacés, votre propension à la provocation et au scandale ne reflètent pas l’image d’une existence vouée à une cause noble qui déborde l’ordinaire et le commun.  Le grotesque des scènes auxquelles vous nous avez habitués, dont celle d’hier soir, à la résidence officielle du Premier Ministre, en présence de nombreux députés et sénateurs, témoigne de votre manque d’étoffe et de votre inaptitude à faire partie de cette galerie d’hommes auxquels la patrie devrait vénération et reconnaissance.   
Monsieur le Président, incapable de briller par le respect des principes reçus et de faire montre d’exemplarité, vous ne pouvez être le héros de la jeunesse,  ni le monstre d’un peuple adulte, mûri par les épreuves, conscient de sa valeur et de ses mérites. 
Néanmoins, Le Sénat de la République, au nom duquel nous intervenons, n’a jamais failli à l’impératif  d’harmoniser les relations entre l’exécutif et le législatif pour la bonne marche des affaires de l’Etat, au bénéfice du peuple. 
Nous avons, malgré les difficultés, les incertitudes et les errements de la conjoncture, compris l’urgence d’apporter un appui critique  à la présidence, au gouvernement, dans le respect de la constitution et de la moralité qui doit guider nos prestations. 
L’Institution Parlementaire a souventes fois essuyé les ruades du Président de la République, mais humblement, par respect pour le peuple qui l’a élu, nous avons joué la patience voire la longanimité 
Hier soir au sortir de la Primature, mortifié, la tête pleine de réflexions apéritives, après avoir été abreuvés d’injures, sans cause ni motif, par le Président Martelly, nous avons estimé, mes collègues et moi, président du Sénat et de l’Assemblée Nationale,  qu’il s’agit d’un cas avéré d’outrages, portant atteinte à l’honneur du Grand Corps et du Parlement Haïtien,  contre lequel nous élevons la plus véhémente protestation. 
Au nom du Sénat de la République, au nom du Parlement, au nom du Peuple haïtien qui nous a mandatés, nous demandons au Président de la République de s’amender et de s’excuser publiquement  d’avoir dérogé aux principes élémentaires de morale, d’éthique et de respect de la dignité de nos personnes et de celle de l’institution que nous représentons.   
Nous nous réservons, au cas où il persiste à s’enfoncer dans le discrédit et la désinvolture, de recourir aux mesures exceptionnelles que requiert l’extrême gravité du cas dont s’agit. 
Que Dieu protège et bénisse notre nation. 
Simon Dieuseul Desras 
                                                                                      Président du Sénat de la République

Haïti - Santé : Rôle important du Brésil dans la restructuration du système de santé haïtien

Haïti - Santé : Rôle important du Brésil dans la restructuration du système de santé haïtien
02/02/2012 12:38:57

Haïti - Santé : Rôle important du Brésil dans la restructuration du système de santé haïtien
Alexandre Padilha, le Ministre brésilien de la santé, accompagnait hier, dans sa visite officiel, Dilma Rousseff, la Présidente du Brésil. En cette occasion, le Ministre brésilien de la santé a rappelé que « L'engagement du ministère de la Santé envers Haïti, va bien au-delà des soins médicaux » soulignant que le but ultime du gouvernement brésilien est de contribuer au renforcement du système de santé haitien « Notre objectif est maintenant d'aider à la restructuration du système de santé haïtien, en respectant la souveraineté du peuple d'Haïti » ajoutant que « la collaboration du Brésil répond aux requêtes du Ministère de la Santé Publique et de la Population d’Haïti. »

Parmi les activités coordonnées par le Brésil, mentionnons la construction de 4 unités de santé : trois Hôpitaux Communautaires de Référence (HCR) et l'Institut National de la Réadaptation (INR). De plus, la coopération brésilienne, prévoit la formation de médecins, de travailleurs communautaires et de techniciens de la santé en Haïti. Le Brésil finance également la réparation de deux laboratoires de santé publique en matière de surveillance épidémiologique, partiellement détruits par le séisme de janvier 2010 [au Cap et aux Cayes].

Dans le cadre de l’effort du gouvernement brésilien pour assurer une bonne gestion des soins et la surveillance épidémiologique en Haïti aura lieu, dans la première moitié de l'année 2012, une campagne de vaccination massive contre la poliomyélite, la rougeole et la rubéole.

Rappelons que l'année dernière, le gouvernement brésilien avait fait don de 30 ambulances, et plus de 300 tonnes de médicaments pour traiter le choléra, ainsi que des vaccins pour plusieurs types de maladies. Les actions du Ministère de la Santé brésilienne font partie d'une coopération trilatérale impliquant le Brésil, Cuba et Haïti.

Haitilibre

Haïti - Politique : Martelly en tournée au Venezuela et au Panama

Haïti - Politique : Martelly en tournée au Venezuela et au Panama
03/02/2012 07:54:39

Haïti - Politique : Martelly en tournée au Venezuela et au Panama
Ce Vendredi, dans la matinée, le Président Michel Martelly laissera le pays pour une tournée qui le conduira successivement au Venezuela du 3 au 5 février puis au Panama du 5 au 7 février.

Le Président Martelly croit que les relations entre Haïti et le Venezuela, comme d’autres pays amis, revêtent un caractère particulier, en raison notamment des liens historiques particuliers de solidarité qui se sont tissés entre les deux Etats et s’engage donc à les renforcer. Ses démarches s’inscrivent dans la perspective d’améliorer les conditions de vie du peuple haïtien.

Au Panama, le Chef de l’État, discutera de la régularisation des activités commerciales des Haïtiens relatives aux longs délais de délivrance de visas [2 ou 3 mois] et abordera notamment les traitements infligés aux ressortissants haïtiens.

Le Président de la République profitera également de cette tournée, pour continuer à faire la promotion du pays où il existe des opportunités d’affaires intéressantes capables d’inciter les investisseurs étrangers, dont les Vénézuéliens et les Panaméens.

HL/ HaïtiLibre

Haïti - Économie : Première mission économique en Haïti du Consulat Général de Chicago

Haïti - Économie : Première mission économique en Haïti du Consulat Général de Chicago
03/02/2012 10:11:50

Haïti - Économie : Première mission économique en Haïti du Consulat Général de Chicago
Le Consulat Général de la République d’Haïti à Chicago informe avoir amené en Haïti, le mois dernier, sa première délégation d’investisseurs dans le cadre de la diplomatie d’affaires prônée par le Chancelier Laurent Lamothe.

Plusieurs médecins haïtiano-américains et américains basés aux États-Unis ont créé l’organisation « Direct Initiatives to Support Haiti » (DISH) qui a pour mission de lever des fonds afin de s’impliquer activement dans la reconstruction du pays, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du logement.

Après plusieurs semaines de pourparlers avec le Consulat Général, l’organisation a finalement trouvé un consensus pour conduire en Haïti cette délégation d’investisseurs composée du Dr Fred Grynberg, du Dr Kansky Delisma, du Dr Kostiya Peki, du Dr Patrick Romeus, du Dr Mytchell Chancy et du photographe Jean-Pierre Dodel.

Grâce aux interventions soutenues du Consul Marie Gertrude J. Beauboeuf, dépêchée sur place par le Consulat Général de Chicago, les membres de cette délégation ont pu rencontrer de hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires Étrangères ainsi que le Dr Florence Guillaume Duperval, la Ministre de la Santé Publique et de la Population. La délégation a visité plusieurs sites et entrepris déjà des négociations visant à l’achat d’un terrain dans la banlieue de Port-au-Prince, en vue de la construction d’un Centre médical. Monsieur Ady Jean Gardy, le Chef de Cabinet du Ministre Lamothe et le Consul Bauboeuf, ont donné tout l’encadrement et l’appui nécessaires à cette délégation durant son séjour de 4 jours à Port-au-Prince.

Sur le rapport de la délégation, le Comité de DIrection du DISH, a soumis, par lettres adressées aux Ministres des Affaires Étrangères et de la Santé Publique, une proposition portant sur la signature d’un protocole d’accord tripartite devant assurer le plein succès de l’exécution des différents projets retenus.

Le Consulat Général de la République d’Haïti à Chicago remercie tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à la réussite de cette première mission et fait savoir qu’il est déjà en train d’établir les contacts nécessaires en vue de conduire sa prochaine délégation d’investisseurs en Haïti.

HL/ HaïtiLibre

Haïti - Reconstruction : Accord entre le Gouvernement et l’APN pour la reconstruction du Port

Haïti - Reconstruction : Accord entre le Gouvernement et l’APN pour la reconstruction du Port
04/02/2012 09:27:40

Haïti - Reconstruction : Accord entre le Gouvernement et l’APN pour la reconstruction du Port
L'Autorité Portuaire Nationale (APN) et le Gouvernement haïtien, sont arrivés à un accord sur le reconstruction des installations portuaires de la baie de Port-au-Prince. Jean Evens Charles, le Directeur Général de l'APN a fait savoir que «... sitôt que nous aurons l'accord entre nos mains, nous nous lancerons dans la finalisation des procédures des dossiers d'appel d'offres.

Tout était fin prêt pour ce projet, cependant, dans les dossiers d'appel d'offres que nous avions élaboré par le passé, il était prévu un financement de la BID... Deux ans après, nous continuons à fonctionner avec des installations de fortune, des installations d'urgences qui nous coûtent excessivement cher, nous ne pouvons plus attendre [...]

Heureusement, l'APN a la capacité de dégager des ressources, pour reconstruire le Port. Le dossier est actuellement à la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP) et j’attend l'avis de conformité de la Commission pour lancer l'appel d'offres.

Nous espérons qu'au cours de ce mois-ci, l’appel sera lancé,[...] s'il n'y a pas d'imprévus majeurs, on pourra démarrer les travaux de reconstruction du quai Nord vers août-septembre 2012. »


HL/ HaïtiLibre

Haïti - Justice : Fin des graffitis sur les murs des propriétés...

Haïti - Justice : Fin des graffitis sur les murs des propriétés...
04/02/2012 09:44:41

Haïti - Justice : Fin des graffitis sur les murs des propriétés...
Me Thierry Mayard-Paul, le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales est déterminé à lutter contre le non-respect des droits de la propriété privée qui prend des proportions alarmantes, notamment en période de manifestations de rues et de campagnes électorales.

Le Ministère rappelle à tous, que le respect du droit à la propriété privée est constitutionnel et sacré. Dans le souci de faire respecter ce principe, il interdit formellement aux protestataires, souteneurs de mouvements et à tout individu ou secteur généralement quelconque d’apposer des graffitis ou des gribouillages sur les murs des propriétés. Tout contrevenant à ce principe sera sévèrement puni conformément aux prescrits de la loi.

Article 235 :
Art. 235.- Tout individu qui, sans y avoir été autorisé par le juge de Paix, fera le métier de crieur ou afficheur d'écrits imprimés, dessins ou gravures, même munis des noms d'auteur, imprimeur, dessinateur ou graveur, sera puni d'un emprisonnement de six jours à deux mois.- C. pén. 229 et suiv., 233.
Haitilibre

Haïti - Politique : L’Assemblée Nationale vote le PIDESC

Haïti - Politique : L’Assemblée Nationale vote le PIDESC
04/02/2012 10:59:01

Haïti - Politique : L’Assemblée Nationale vote le PIDESC
Réunies en Assemblée nationale, le mardi dernier, les deux Chambres du Parlement haïtien ont voté, à une écrasante majorité (66 voix pour, 1 contre et 6 abstentions), le projet de loi portant sur le « Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels » (PIDESC).

Ce Pacte, adopté par l’Assemblée générale de l’ONU dans sa Résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 3 janvier 1976, garantit à tous les peuples, sans distinction aucune, le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique, librement leur développement économique, social et culturel.

Par ailleurs, chacun des États parties à ce Pacte « s’engage à agir, tant par son effort propre que par l’assistance et la coopération internationale, notamment sur les plans économique et technique, au maximum de ses ressources disponibles, en vue d’assurer progressivement le plein exercice des droits reconnus dans ce Pacte par tous les moyens appropriés, y compris en particulier l’adoption de mesures législatives ».

Le PIDESC fait partie d’une série d’instruments internationaux dont l’adoption et la ratification avaient été recommandées à l’Etat haïtien par les principales instances internationales des droits de l’homme.

La ratification de ce pacte constitue une étape importante dans l’élargissement du champ de protection des droits de l’homme en Haïti. Elle ouvre également des perspectives intéressantes en matière de coopération au développement en faveur d'Haïti. Le PIDESC engage en effet la communauté internationale à s'investir davantage pour soutenir les efforts du gouvernement en vue d’assurer l’accès égal à l’éducation, à la santé et à un niveau de vie décent y compris à l’eau, à l’alimentation et à un logement adéquat qui concourent à la réduction de la pauvreté.

En cela, son vote par Haïti a été grandement salué, notamment par les défenseurs des droits de l’homme, tel que Me Gédéon Jean, le Directeur Exécutif du Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) pour qui ce vote constitue « une étape importante dans les efforts en faveur du respect en Haïti des droits de l’homme, en même temps qu’il met en évidence une volonté de l’État d’y parvenir. »

Abdoul Aziz Thioye, de la Section des Droits de l’Homme (SDH) de la Minustah a précisé que cette ratification « [...] constitue, par la même occasion, une base de référence pour les engagements des pays des Nations Unies dans le cadre de la mise en œuvre, avec le Gouvernement haïtien, de l’accord cadre pour le développement. »

La prochaine étape, devra se matérialiser par la promulgation, par le Président Martelly, de la loi relative à ce Pacte suivi du dépôt des instruments de ratification, auprès du Secrétariat de l’ONU.

HL/ HaïtiLibre

Haïti - Santé : Début d’un programme pilote de vaccination contre le choléra

Haïti - Santé : Début d’un programme pilote de vaccination contre le choléra
04/02/2012 13:01:22

Haïti - Santé : Début d’un programme pilote de vaccination contre le choléra
Le Dr Gabriel Thimoté, Directeur Général du Ministère de la Santé publique et de la Population a annoncé qu’une expérience pilote de vaccination contre le choléra, sur un nombre réduit de personnes, devrait débuter en Haïti au courant du mois de février.

«... au début le Ministère avait des réticences par rapport à la vaccination contre le choléra en raison du manque de disponibilité du vaccin et aussi en raison du fait, que le vaccin que l'on avait choisi, [le Shanchol], n'avait pas encore la pré-qualification de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Mais après des contacts, des rencontres avec des experts tant haïtiens, qu'étrangers et surtout, après l'approbation par l'OMS du vaccin Shanchol, qui est un vaccin oral qui ne nécessite pas de grandes mesures de conservation, le Ministère opté pour une vaccination contre le choléra en Haïti.

Précisons qu'il ne s'agit pas d'une étude, il ne s'agit pas d'une recherche, d'une expérience, ce n'est pas un test ce n'est pas un médicament, c'est un vaccin qui permet d'avoir une certaine protection contre le choléra. Dans le projet pilote, nous allons limiter la population à environ 200 volontaires [...] pour analyser les résultats et pour nous permettre de l'étendre à un nombre plus grand dans la population. [...]

Avant la vaccination, il y aura des campagnes de sensibilisations, parce que le projet de vaccination c'est un ajout à la campagne de prévention que nous faisons toujours, le lavage des mains etc... Nous allons le faire de telle sorte que puissions l'étendre à l’ensemble de la population [...] pour nous permettre d'avoir des résultats d'une façon générale [...] La campagne de vaccination va commencer en février [...] nous allons informer le public de toutes les étapes de la vaccination. »


Le Dr Thimoté insiste qu’il ne s’agit pas d’un test expérimental ni d'une expérience, rappelant que le vaccin Shanchol est donné dans un ensemble d'autres pays dans le monde et que son efficacité peut atteindre plus 80%. [...].

En savoir plus sur le Shanchol et la vaccination massive :
Le Shanchol, un vaccin administrable par voie orale contre le choléra, approuvé récemment par l'OMS, a été développé par « l'International Vaccine Institute » à Séoul (Corée du Sud), grâce à une subvention de la Fondation Bill & Melinda Gates et est fabriqué par « Shantha Biotechnics » en Inde.

Jusqu'à récemment, les vaccins oraux contre le choléra, plus facile d’administration, ont été peu utilisés. La vaccination nécessite généralement 2 doses par adulte et 3 par enfant, espacées d’au moins une semaine. Un rappel périodique est nécessaire dont la fréquence varie avec l’âge du patient. Le vaccin assure une protection une semaine plus tard. L’efficacité de cette protection, selon les études, semble variable, mais les personnes vaccinées qui seraient à nouveau contaminée, échapperaient à la forme grave du choléra.

Il n’existe pas d’exemple au monde, de vaccination de masse du choléra au cours d’une épidémie. Ce manque d’expérience et les problèmes logistiques considérables liés au suivi des patients [double ou triple vaccination et périodes de rappel régulier] qui rend l’application à grande échelle complexe et difficile.

Haitilibre

Le culte de la présidence, par Hérold Jean-François

imageL’un des héritages de l’autoritarisme présidentiel haïtien est un relent de peur qui entoure la fonction présidentielle et qui génère une sorte de vénération du Président haïtien. Depuis Machiavel, nous savons que le Prince doit entretenir une sorte de terreur qui lui vaut le respect et la crainte de ses sujets. La plupart de nos Chefs d’État n’ont certainement jamais lu les recommandations de ce théoricien de référence du pouvoir ou par incapacité ou par manque d’intérêt. On a entendu souvent pendant la transition nos chefs avouer publiquement qu’ils ne lisaient pas…On ne sait pas ce que serait, si en plus de leur cruauté naturelle qui nous a valu tant de pages sanglantes, ils avaient lu Machiavel… Mais le pouvoir, en Haïti est un espace de passions. Des fanatiques s’agglutinent autour du Président et sont autant de bras armés de ce dernier dans l’exercice de la répression. En face, ceux qui, par envie ou par réflexes nationalistes, s’opposent au Président qu’ils essaient de renverser. L’homme fort du moment s’imposant le plus souvent au moyen d’une terreur sans faille, son action fait l’admiration de ses supporteurs et les victimes terrassés évacuent le terrain, la haine dans le cœur, mais aussi un certain respect. Plus le chef est craint et honni, plus on a envie d’être à sa place pour à son tour imposer le spectre de sa cruauté dans une course folle de compétiteurs voulant être inscrits au livre des records d’excès. Le visage et l’histoire de nos dirigeants depuis Dessalines inspirent une sorte d’admiration pour le puissant du moment. Notre pays a développé tout un culte du Président de la République que nous regardons comme une sorte de demi-dieu dont nous acceptons l’ascendance. LES EXCUSES… Dès lors, au plus cruel d’entre eux, on trouve des circonstances atténuantes. On les présente en général comme bons, mais sous influence de l’entourage que nous présentons le plus souvent comme mauvais. Le Président haïtien, de ce point de vue, serait comme un enfant qui n’a aucune volonté et qui marche sous la dictée de ses conseillers et d’une clique de pourris qui prennent toujours en otage le chef de l’État. Même nos textes constitutionnels font du Président un mineur qui n’a aucune responsabilité dans la marche de l’État. En fait, nous savons tous, qu’à part les exceptions des Présidents de doublure dont d’excellents manipulateurs tiraient les ficelles, le Président haïtien n’en fait qu’à sa tête. C’est lui qui choisit ses conseillers, son entourage et collaborateurs. En général dans ce cycle d’initiés, personne ne s’avise de contrarier le chef qui a la science infuse, qui sait tout et qui a toujours raison. Peu de collaborateurs se sont risqués à dire la vérité à nos Présidents. Ils sont en minorité dans un groupe où la pratique, ce sont les bassesses, la courbette et l’adulation béate…

LE PRÉSIDENT A TOUJOURS RAISON…
Si dans une réunion le Président s’en prend à quelqu’un, des fois, à tort, il y a très peu de courageux qui contrediront le chef de l’État en volant à la défense de l’accusé. Le cercle du pouvoir c’est un terrain de compétition. Plus le chef élimine des pions autour de lui, plus d’autres aspirent à plus de pouvoir, à plus de prérogatives en ayant désormais plus à la portée de ses lèvres, les oreilles du Président. On connait la fameuse blague de cet ami du Président à qui ce dernier demande de choisir le poste désiré et qui en refusant gentiment la sollicitation demande au chef de faire partie simplement de son entourage et d’avoir de temps à autre le privilège, en public, de lui glisser une parole au creux de l’oreille. Dans la perception du public, celui qui a une telle proximité avec l’élu du moment est un homme puissant qui peut, au moment opportun, faire passer un message intéressé. Dès lors, ce potentiel courtier est courtisé par plus d’un pour porter leurs doléances et faire avancer un quelconque dossier auprès de la présidence. Quand on est aussi bien positionné, les cabinets privés des Ministres et des autres autorités vous sont ouverts pour exercer tout un trafic d’influence pouvant rapporter de juteux retours de commissions. Être perçu comme l’ami du Président, comme quelqu’un de la cour où les décisions sont prises, implique une série d’avantages permettant de constituer de solides fortunes.
Dans le système politique haïtien, il y a un consensus pour accorder l’immunité au Président. Il y a de rares incidents où un ancien Chef d’État haïtien ait eu à rendre compte. Des complots, des insurrections ou une populace en furie a provoqué des sorties rapides de dirigeants qui ont juste le temps de prendre le bateau pour l’exil. L’assassinat de Dessalines, le sort fait à Septimus Rameau le neveu du Président Michel Domingue, la malchance du Président Vilbrun Guillaume Sam tombé aux mains d’une foule déchainée, le goût de la vengeance à la bouche, Sylvain Salnave fusillé, Cincinatus Leconte explosant avec son palais font partie des accidents de l’histoire. Pour le reste, l’exil et le déchoucage de biens qui s’en suit ont été la sanction ultime.
Après coup, la société a toujours développé une forme de complaisance à l’endroit des anciens Présidents qui, bien longtemps après leur chute, ont conservé des inconditionnels qui défendent leurs actions mises en parallèle avec les moments nouveaux. Et on a même l’impression certaines fois d’avoir presque mauvaise conscience quand ceux-là s’acharnent à démontrer que l’on vivait mieux avant…
RÉVISIONNISME…
Aujourd’hui, dans une sorte de révisionnisme, on entend toutes sortes de déclarations à la radio autour du dossier de Jean-Claude Duvalier, l’ancien Président-à-Vie. On remonte même jusqu’à François Duvalier à qui l’on trouve toutes sortes de justifications. C’est comme si on n’a jamais lu les tonnes de documents et publications illustrant les horreurs du régime duvaliérien. Pour ses admirateurs, ‘’Duvalier était bon, ce sont les opposants, les kamoken qui lui ont pourri la vie’’. Alors, il fallait qu’il réagisse en neutralisant l’opposition. La thèse c’est qu’en cas d’agression il fallait réagir, comme quoi Duvalier n’avait pas d’autres choix ! Mais questionnent-ils le caractère brutal et répressif du régime ? Ont-ils été assez objectifs pour questionner les pratiques de la dictature, la répression sauvage, les purges anticommunistes, la gestion du pays comme une entreprise privée dont les ressources sont détournées sur les comptes en banque de la famille présidentielle ?
‘’SUBJUGATION’’/OBNUBILATION…
Le pouvoir fait l’objet d’une admiration béate, le Président est une curiosité, la plupart veulent lui serrer la main, entrer dans ses bonnes grâces et avoir l’a chance d’être un courtisan de sa cour. Il peut beau être détesté, impopulaire et exécré par une partie de la population, le reste, l’autre partie ne jure que par lui et l’endosse envers et contre tout.
Dans l’histoire immédiate, rappelez-vous les moments intenses de la période transitoire. Tous les pouvoirs de cette période avaient leur kyrielle de fanatiques qui exécutaient les basses œuvres de la manière la plus aveugle. Et quand la porte du départ s’ouvrait, c’est avec peine qu’ils voyaient leur poulain s’en aller. Il y a dans notre pays une dynamique du pouvoir. Qu’est-ce que c’est que ce concept ? Le pouvoir est attrayant, le premier venu agglutine rapidement autour de lui une ‘’base’’ de fait qui commence à gesticuler, à proférer des menaces et à se rendre disponible pour kraze, brize, boule. Des menaces cycliques qui sont les piliers de l’instabilité qui empêche le pays d’avancer.
Regardez comment cela s’est passé rapidement avec le Président Michel Martelly. Dans tout le pays, on entend baz isit, bal lòtbò ! depi ki lè, nou pa konnen ! Le Président a été proclamé vainqueur et spontanément il a été adopté. Il a l’illusion qu’il est le plus populaire parce que des groupes auto constitués ou des voix bruyantes par-ci par-là se réclament de lui dans une tactique de positionnement pour des jobs et hop, tout le monde tombe dans le jeu, et le nouveau dieu est né ! Nous sommes dans une situation d’imposture où les illusions se créent vite. En général, c’est quand les problèmes se présentent ou quand le pouvoir arrive à terme que nos hommes d’État se rendent compte avec amertume, de la solitude du pouvoir…On ne voit plus ceux qui empêchaient l’air de circuler autour de son bureau ou qui polluaient son environnement, ils n’ont plus désormais des yeux que pour le prochain nouveau maître à courtiser, l’on est déjà une curiosité du passé…
Un ami nous raconte que vers janvier 2001, il visitait le Président de la République qui lui faisait voir combien la cour du Palais national était anormalement peu fréquentée, vide. Et quand l’invité abondant dans son sens lui demande par quel miracle ce lieu de pouvoir était aussi abandonné, et où étaient passés ceux qui, en général, prenaient d’assaut cet endroit, le Président lui répondit qu’il n’avait plus de pouvoir et que certainement, tous les absents doivent se trouver dans la cour d’une grande résidence de la Plaine du Cul-de-Sac, le nouveau lieu du pouvoir…En janvier 2001 on était dans la période de l’entre-règne…
LA LOI DU MILIEU…
Le pouvoir, en Haïti ou ailleurs, à moins qu’il s’agisse d’adversaires acharnés que le nouveau chef veut pourchasser et emprisonner, fonctionne comme une sorte de camorra où la norme, c’est la loi du silence. L’un protège l’autre pour bénéficier des mêmes attentions à la fin de son mandat. Parce que, de toute façon il y a des choses à cacher et à se faire pardonner dans un système politique pourri, où la tradition d’impunité ne s’est jamais presque démentie. Demandez-vous pourquoi dans l’Haïti d’aujourd’hui les anciens Présidents font blocus, (excusez Wanito), et qu’ils circulent parmi nous comme le citoyen ordinaire. Or l’histoire de la présidence haïtienne est riche en violations de toutes sortes qui provoquent des chutes de régimes. Les anciens Présidents dont le retour dans le pays fait actuellement tant de controverses, sont de bonnes illustrations de notre assertion. Et février 86 tout comme février 2004 ont été des moments chauds de l’histoire contemporaine haïtienne. Pourtant, nos deux anciens dirigeants sont revenus comme si notre société n’avait rien à leur reprocher. C’est comme s’il y avait un consensus pour passer l’éponge…
En vingt-six ans de transition, nous n’avons pas observé de grands changements dans le vieux système politique qui a la carapace dure. Or, la Constitution de 1987 devrait permettre l’avènement d’une ère nouvelle en politique. Il y a certes eu des avancées sur le plan des libertés publiques et de leur jouissance par le corps social. Au nom de celles-ci, certaines pratiques politiques ne peuvent plus donner libre cours à leur expression, malgré des tentatives de retour en arrière. L’opinion publique et les multiples organisations de l’après 7 février 86 montent une garde citoyenne pour empêcher les dérives. Mais c’est avec peine et préoccupation que l’on constate le peu de volonté de la part de ceux qui sont entrés dans l’État à tenir leur engagement de le changer. A date, l’État est demeuré immuable, tous ceux qui se sont engagés à le changer ont perdu leur crédibilité pour y être entré et sorti en le laissant intact…
Si Jean-Bertrand Aristide avait fait les réformes nécessaires dans le domaine de la justice, le système serait assez fort aujourd’hui pour demander des comptes à Jean-Claude Duvalier. On n’aurait pas continué avec l’impunité. C’est comme si nos dirigeants se donnent le mot pour ne pas toucher au système qu’ils maintiennent à l’état. Parce que, si cela change, il y a des risques que cela les rattrape et leur demande des comptes en temps et lieu. Aujourd’hui, tout comme l’ancien Président-A-Vie, l’ancien Président démocratiquement élu en 90 aurait eu à rendre des comptes devant la justice et la société.
IMMUNITÉ A VIE…
Le Président haïtien est assuré d’une immunité à vie qui lui donne la garantie de ne jamais être poursuivi. A part les incidents mentionnés où de rares anciens chefs ont subi un mauvais sort, ils s’en sont pour la plupart toujours tirés à bon compte. Depuis les premières années de la République d’Haïti, certains des Présidents renversés, le temps aidant, sont revenus sans crainte. Dans l’histoire récente, Paul Eugène Magloire, Daniel Fignolé, Leslie Manigat, Prosper Avril, Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide sont retournés. Du lot, il n’y a eu que le Général Avril à avoir été ‘’persécuté’’. Jusqu’ici. Avant le Général Président, Madame Ertha Pascal Trouillot qui n’a pas été renversée mais qui a remis le pouvoir à son successeur Jean-Bertrand Aristide, gagnant des élections qu’elle a organisées, a séjourné brièvement et injustement au Pénitencier national.
La protection dont bénéficie le Chef d’État haïtien va jusque dans les moments de déchéance. Malgré toutes nos guerres civiles, nos luttes pour le pouvoir, nos coups d’État, combien de nos Présidents renversé ont-ils perdu la vie quand ils tombaient du pouvoir ? Jusqu’à date, et heureusement, très peu. Notre système politique, malgré toute la violence qui le caractérise, malgré que nous ayons eu de véritables sanguinaires et autres psychopathes comme dirigeants, il semble, qu’au sujet du Président, il y a un consensus tacite pour qu’il puisse se retirer vivant, avec sa famille. L’ancien homme-fort d’Haïti a toujours eu le sauf-conduit qui lui permette de s’embarquer dans le dernier bateau ou d’aborder l’avion spécial dépêché pour l’évacuer. Certaines fois à ce propos, des amis Africains commentant nos coups d’État pendant la période de transition savent nous passer en dérision. ‘’C’est quoi ça mon frère, on renverse le Président et il n’est pas mort ? Chez nous mon frère, tu renverses le Président, eh bien, il est mort.’’ ‘’Parfaitement mort’’ pour reprendre ce fameux soldat le 8 octobre 1991 à l’aéroport de Port-au-Prince, en parlant du sort qui serait fait au Président Aristide qu’on croyait dans l’avion de l’OEA sur la piste, s’il devait en descendre ! L’Afrique est malheureusement connue pour ses coups d’État sanglants…
PRÉSERVER LE PRÉDÉCESSEUR, UNE MISE POUR DEMAIN…
En Haïti, préserver la vie du chef déchu est un gage pris sur sa propre vie, quand ce sera son tour de tomber, dans ce pays où le pouvoir a des pieds d’argile… Le pouvoir haïtien a ses codes non écrits, ses repères que ses successifs tenants respectent et observent scrupuleusement. Personne ne veut être celui qui rompt avec la tradition en créant un précédent qui pourrait lui être fatal. Rappelez-vous la ballade du Général Prosper Avril entre les mains de ses tombeurs jusqu’à ce que la situation se renverse et que les tombeurs momentanés du Général-Président sont à leur tour préservés et expulsés pour l’exil, via la République Dominicaine.
Le Chef d’État haïtien a bien des garanties. Le système n’est pas conçu pour lui demander des comptes. Ce n’est pas pour rien, qu’en dépit de tout ce qui les oppose, René Préval n’a pas arrêté Jean-Claude Duvalier. Suivant la même logique, Michel Martelly déclare qu’il ne sera pas celui qui jugera Duvalier, avant de se contredire. C’est le même état d’esprit qui porte des citoyens à faire chorus dans des émissions d’antenne libre pour demander une chance pour Michel Martelly, même si l’on venait à découvrir qu’il détient une ou plusieurs nationalités étrangères. On veut tout pardonner au Président haïtien, même le mensonge, même l’imposture. Quant aux détournements de fonds et aux abus de pouvoir, la violation des droits des citoyennes et des citoyens, les disparitions d’opposants, les éliminations d’adversaires, les assassinats, ce sont les principaux éléments de référence du système. Nous les acceptons scandaleusement comme des faits réguliers…Le Président a tous les droits, c’est au citoyen de ne pas se trouver sur sa route ! Voilà la mentalité.
ENVERS ET CONTRE TOUT…
Que de vilénies, que de trahisons, que d’impostures n’avons-nous pas vues avec nos chefs de la transition, malgré tout, certaines personnes continuent de ne jurer que par leur nom... Malgré les livres et toute la documentation qui ont témoigné des horreurs de certaines périodes de notre histoire contemporaine, nous assistons à des attitudes carrément révisionnistes où l’on veut faire passer nos Présidents les plus répressifs, les plus arbitraires, les plus barbares comme d’innocentes victimes de l’opposition, des opposants ou d’historiens partisans qui auraient déformé la vérité ! Le culte de la Présidence existe bel et bien chez nous. Il a été bien entretenu par les tenants du système, depuis Dessalines.
LE SYNDROME DE DESSALINES…
Ce serait paradoxal, mais est-ce que l’assassinat de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, ce parricide qui a tellement donné mauvaise conscience à la nation ne serait pas à l’origine d’un nouveau paradigme qui régule désormais les péripéties du pouvoir haïtien ? Ne serait-ce pas que le complexe de culpabilité pour l’assassinat du Père de l’Indépendance aurait porté les Chefs d’État de l’ère post-dessalinienne à conclure un pacte tacite pour convenir que tel acte ne devait plus se répéter ? Le code secret qu’on a semble-t-il inscrit dans la tradition du pouvoir haïtien pour exonérer le Président et en faire un intouchable en toute circonstance, n’est-ce pas le résultat du syndrome de Dessalines ?
Haïti est bien singulier quant à l’intouchabilité du Chef de l’État. Les prisons de l’Amérique Latine et de la Caraïbe sont hantées ou remplis de débris ou de carcasses d’anciens dirigeants, d’anciens dictateurs. De la République Dominicaine qui a su juger le Président Jorge Blanco en passant par l’Ile de Grenade, le Costa Rica, le Honduras, le Pérou, la Bolivie, le Vénézuela jusqu’à l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, le Chili etc. les exemples abondent. Il n’y a qu’en Haïti que nos anciens maîtres, même dans leur déchéance, nous refusent la justice qu’ils se sont toujours évertués à boycotter et qu’ils continuent de fait d’ignorer… 30-1-12

Ce texte a fait l’objet de la Rubrique IBOPINION le mercredi 1er février 2012 sur Radio IBO dont Hérold Jean-François est le Directeur Général.