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« La justice marche toute seule dans cette affaire, nous n'allons pas interférer dans les décisions du commissaire du gouvernement », insiste un responsable du ministère de la Justice.
« Le commissaire du gouvernement conduit l'affaire. Si quelqu'un estime qu'il a outrepassé les prescriptions de la loi, il faut attaquer sa décision en justice », conseille cette même source.
Rien ne semble simple dans cette affaire juridico-politique. Le Premier ministre et le chef de la police nationale ont rendu visite au prévenu le plus célèbre de notre système carcéral. Le député, colis embarrassant, est resté depuis son arrestation au greffe du pénitencier national.
Il n'y avait pas de provisions légales pour le mettre en cellule jeudi soir, selon une source haut placée de la PNH.
Entre-temps, le débat sur les ondes des médias électroniques va bon train. La population commente les images des échauffourées devant l'aéroport diffusées par la télévision. Députés et sénateurs sont sur le pied de guerre. On parle d'interpellation, de destitution, de séance dès ce vendredi pour rendre à l'Exécutif la monnaie de sa pièce.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Une affaire d'ego de part et d'autres, si l'on en croit des sources diverses interrogées par Le Nouvelliste.
Il y a une semaine, une réunion de réconciliation était à deux doigts de se tenir entre le président Martelly et le député Arnel Bélizaire. Cette réunion a avorté après l'intervention d'un des pairs de ce dernier à la radio, avons-nous appris.
Ce jeudi, le commissaire du gouvernement ne voulait qu'entendre le député au parquet. Une haute autorité a changé le cours des choses, révèle un ami du commissaire.
« Dans le premier cercle de la présidence, on veut faire plaisir au président Martelly en allant au devant de ses désirs. Cela risque de faire du tort à son image. Cependant, les autres acteurs, s'ils désirent le bien et l'avancement du pays, ne doivent pas chercher à provoquer le président », opine un fin observateur de nos moeurs politiques.
« Nous aimons créer des monstres, des dictateurs », regrette cet analyste qui a vu défiler depuis vingt ans des présidents intronisés saints, partis diables.
« Cette arrestation n'était pas nécessaire », a concédé un ministre de premier ordre du gouvernement interrogé peu avant minuit par le Nouvelliste, jeudi soir.
« Le gouvernement va introduire devant le Parlement le nouveau mandat de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH). Nous allons déposer le budget rectificatif, et nous venons à peine de trouver un terrain d'entente avec le Parlement; ce n'est nullement le moment d'entrer dans un quelconque conflit avec les députés », argumente-il.
Le ministre assure que « le président de la République n'a rien à voir avec cette arrestation. Personne dans son entourage n'est intervenu dans ce dossier », jure-t-il.
Pour finir, le ministre, poids lourd du gouvernement, a glissé cette petite phrase : « Le député a défié l'autorité, il a été arrêté; il faut le libérer au plus vite. »
Sauf si une question d'ego ne vienne tout envenimer.
Source: Lenouvelliste
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